
-
Trump n'a pas affaibli l'engagement collectif de sécurité au sein de l'Otan, dit Rutte à l'AFP
-
Philippe Corbé, ex-BFMTV, devient directeur de l'information de France Inter
-
Les livreurs pédalent de plus en plus et gagnent de moins en moins
-
Wall Street chute encore à l'ouverture, craint une escalade commerciale
-
Ligue 1: Lille en quête de fraîcheur physique et mentale
-
Radio Free Europe sonnée mais "toujours debout" face aux assauts de Trump
-
En Asie centrale, l'UE se pose en alternative à la Chine et à la Russie
-
Luxe, glamour et économie: 20 ans de règne d'Albert II à Monaco
-
Espresso, iPhone ou baskets: comment l'offensive douanière de Trump va (aussi) toucher les Américains
-
Foot: joueur emblématique, De Bruyne va quitter Manchester City en fin de saison
-
L'armée israélienne intensifie ses opérations à Gaza, 30 morts selon les secours
-
En Asie centrale, les moissons menacées par une forte vague de chaleur printanière, selon une étude
-
Escalade des tensions commerciales Chine/USA: les Bourses européennes plongent
-
La Chine se dote de barges pour une éventuelle invasion de Taïwan
-
Kylian Mbappé fait son entrée chez Madame Tussauds à Londres
-
Droits de douane: les constructeurs automobiles mettent les Etats-Unis sur pause
-
Sur la table de nécropsie, Iana le mammouth vous contemple du haut de ses 130.000 ans
-
L'Otan peut-elle satisfaire Trump sur le niveau de ses dépenses?
-
"On va faire grandir notre sport", savoure Johnson avant le Grand Slam Track
-
Alstom veut accélérer sa production de trains à très grande vitesse
-
Refus de tournage à l'Acropole pour le réalisteur grec Lanthimos
-
Nouvelles opérations israéliennes à Gaza, au moins 30 morts selon la Défense civile
-
Batteries: les usines françaises avancent malgré la défiance du secteur
-
Chikungunya à La Réunion: "Les semaines les plus délicates se profilent", dit Valls
-
"Je ne veux pas mourir": les séropositifs du Lesotho se tournent vers la médecine traditionnelle
-
L'UE ouvre une "nouvelle ère" dans ses relations avec l'Asie centrale
-
La Bourse de Paris recule toujours sous le coup des droits de douane américains
-
Première rencontre entre l'Indien Modi et le Bangladais Yunus
-
NBA: Steph Curry domine LeBron James dans le classique californien Warriors-Lakers
-
Droits de douane: "Nous faisons appel au patriotisme" des entreprises, lance le ministre français de l'Economie
-
F1/GP du Japon: la deuxième séance d'essais libres interrompue... à quatre reprises
-
L'IA arrive dans l'anime mais Hayao Miyazaki est irremplaçable selon le fils
-
Les climatosceptiques s'enthousiasment pour une étude...rédigée par l'IA d'Elon Musk
-
Champions Cup: Toulouse et Bordeaux en favoris des 8e, La Rochelle doit sauver sa saison
-
L1: Paris vers le sacre, Lyon-Lille vers la Ligue des champions
-
Ski: "un nouveau défi que je relèverai", réagit Brignone après sa grave blessure
-
Séisme en Birmanie: le chef de la junte critiqué en marge d'un sommet régional
-
Dans les cendres et les larmes, l'étrange mission de préservation d'une forêt thaïlandaise brûlée
-
Corée du Sud: Yoon Suk Yeol, de procureur star à président destitué
-
La Cour constitutionnelle de Corée du Sud destitue le président Yoon
-
Face à Moscou et Pékin, l'UE veut s'affirmer en Asie centrale
-
Destitution ou retour du président Yoon ? La Corée du Sud va connaître son avenir politique
-
L'émissaire spécial de Poutine rencontre à Washington des représentants de l'administration Trump
-
Euroligue: Paris frôle l'exploit face au Real Madrid (105-104)
-
Les marchés financiers chamboulés par l'offensive commerciale de Trump
-
Droits de douane: Wall Street en berne, pire séance pour le Nasdaq et le S&P 500 depuis 2020
-
Guerre commerciale: Macron présente un plan de riposte à la "brutale" décision de Trump
-
Droits de douane: les calculs de Trump médusent les économistes
-
Tom Cruise rend hommage à Val Kilmer, son rival de "Top Gun"
-
Euroligue: le Panathinaïkos et un grand Nunn éteignent Monaco

"Je ne peux pas produire à ce prix-là": le plus gros maraîcher du Grand Est cesse sa production
C'était le plus grand maraîcher du Grand Est : à Balgau (Haut-Rhin), Claude Keller, patron de l'entreprise ID3A, a décidé de mettre fin à son activité, essoré par l'impossibilité de vendre au juste prix ses légumes à la grande distribution.
En 2024, sur 220 hectares de terres cultivées, l'entreprise a produit plus de quatre millions de salades, 1,5 million de bottes de radis, 320.000 choux blancs, 800 tonnes de navets, et encore des centaines de tonnes de persil et de céleri à destination des supermarchés français.
Toutefois, dans les frigos grands comme des hangars et sur les champs qui s'étendent à perte de vue, pas un légume ne subsiste aujourd'hui. Au bord des parcelles, des montagnes de palettes et de cageots vides témoignent d'une époque désormais révolue.
Les machines sont rachetées par des producteurs étrangers, les terres légumières vont être reconverties en grandes cultures (blé, orge, maïs) pour l'alimentation animale. Les supermarchés, eux, iront se fournir ailleurs.
"On est en semaine 13 sur le calendrier. Normalement on aurait dû planter 50.000 batavias, 10.000 laitues, 25.000 feuilles de chêne blondes, et trois hectares de radis", explique le chef d'entreprise en montrant les plannings de production de l'année précédente, restés accrochés sur de grands tableaux.
Au lieu de ça, la PME a mis en place un plan de cessation d'activité, et licencie son personnel. Elle employait une douzaine de permanents et jusqu'à 70 saisonniers, soit 49 équivalents temps plein.
- "Cadeau empoisonné" -
La décision de mettre fin à cette activité entamée il y a 35 ans n'a pas été facile à prendre. "C'est des semaines et des mois où vous ne dormez pas la nuit", témoigne l'agriculteur de 59 ans, qui a monté la société avec son père et y a fait toute sa carrière.
"J'ai un fils qui nous a rejoint il y a un an, et je ne me voyais pas lui transmettre une entreprise comme ça. C'était un cadeau empoisonné".
A l'origine de ses difficultés, l'impossibilité de faire accepter à ses clients, les centrales d'achat des grandes surfaces, des hausses de prix pour répercuter "l'explosion des charges", principalement l'augmentation du coût de l'énergie, des produits phytosanitaires et du transport.
"Il y a un problème dans la filière", analyse-t-il. "Personne n'a la droit de vendre à perte, que ce soit le grossiste, le distributeur, le magasin, ça paraît logique. Il n'y a qu'un seul maillon où on tolère la vente à perte, c'est nous, les producteurs, parce qu'on ne se base jamais sur le prix de revient, on ne parle que du prix du marché."
Ainsi en 2024, il a été contraint de vendre pendant des semaines ses salades à 50 centimes l'unité, quand elles lui coûtent 75 centimes à produire.
"On a des produits frais, fragiles, on ne peut pas les stocker. C'est à vendre tout de suite ou alors c'est foutu. Ils jouent sur ce rapport de force, et nous on n'a pas le choix".
Il pointe la responsabilité des enseignes de la grande distribution et souligne le décalage entre le discours volontariste des grands patrons médiatiques et le comportement des directeurs de magasins, "qui mettent la pression".
- Concurrence des petits -
Mais il n'élude pas non plus les limites du monde agricole. "Nous ne sommes que des petites PME, nous ne sommes pas organisés", déplore-t-il, regrettant que l'interprofession n'ait "jamais réussi à mettre en place un bureau d'achat pour peser plus lourd dans les négociations".
Au final, il subit "la concurrence de petits producteurs, qui ne connaissent pas leurs prix de revient", acceptent de baisser les prix et vendent à perte sans le savoir. "Tant que le prix de revient ne sera pas à la base de l'élaboration du prix de vente, je ne vois pas de sortie à notre problème".
Les grandes réformes, dont les lois Egalim, visant à protéger la rémunération des agriculteurs face à la grande distribution, n'y ont rien changé. "On pensait que ça nous aiderait, mais ça n'a pas été le cas. C'est le consommateur qui décide s'il achète nos produits, c'est lui qui a le pouvoir".
Pour son fils Léo, 24 ans, qui s'apprête à prendre la relève, l'arrêt du maraîchage laissera une petite cicatrice: "ça m'a fait mal au début", confie-t-il sous sa casquette verte. "Mais j'ai pris conscience que c'était la meilleure chose à faire".
B.Shevchenko--BTB